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Quel est le meilleur moment pour ouvrir un plan d'épargne retraite ?

Quel est le meilleur moment pour ouvrir un plan d'épargne retraite ?

Andréa Bensaid, Eskimoz CEO
Andréa Bensaid
11/09/26
Quand ouvrir un PER ?

Il n'y a pas d'âge idéal pour ouvrir un plan d'épargne retraite. Il y a des situations, des plafonds fiscaux, et une échéance à 70 ans que beaucoup d'épargnants découvrent trop tard.

Le PER est souvent présenté comme un produit à ouvrir « le plus tôt possible ». La formule est commode, mais elle escamote l'essentiel : selon votre âge, votre statut et vos revenus de l'année, le même versement peut vous rapporter beaucoup, un peu, ou rien du tout.

Voici ce qui détermine réellement le bon moment.

Le bon moment selon votre profil

Profil

Horizon

Priorité

À surveiller

Jeune actif

30 ans et plus

Régularité des versements, supports dynamiques

Capacité d'épargne réelle avant blocage des fonds

Milieu de carrière

10 à 25 ans

Optimisation fiscale, sécurisation progressive

Plafond de déduction disponible et reports

Fin de carrière

Moins de 10 ans

Fiscalité des dernières années à hauts revenus

La déductibilité s'arrête à 70 ans

Indépendant / dirigeant

Variable

Plafond TNS, nettement plus élevé

Choix entre déduction du revenu pro ou global

À quel âge peut-on ouvrir un plan d'épargne retraite ?

La règle a changé récemment, et beaucoup de contenus en ligne ne l'ont pas intégrée. Depuis le 1er janvier 2024, il faut être majeur pour ouvrir un plan d'épargne retraite individuel : la loi de finances 2024 a mis fin à la possibilité d'en ouvrir un au nom d'un enfant mineur et interdit les nouveaux versements sur les comptes déjà ouverts.

Jusqu'en décembre 2023, les parents pouvaient ouvrir un PER au nom de leur enfant et bénéficier d'une déduction fiscale via le plafond retraite de l'enfant, tout en lui constituant un capital.

Bercy a fermé cette porte, considérant qu'un produit de retraite devait servir à préparer la retraite. Les plans existants restent ouverts, mais gelés jusqu'à la majorité du titulaire.

Une fois cette borne posée, aucune contrainte d'âge maximum n'empêche l'ouverture. En revanche, l'avantage fiscal, lui, a désormais une date de fin : depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, qu'ils soient volontaires, obligatoires ou issus de l'épargne salariale.

Il reste possible d'alimenter son plan, mais sans avantage à l'entrée — en contrepartie, les primes versées après 70 ans échappent à l'impôt sur le revenu à la sortie, seuls les gains étant taxés.

L'âge auquel ouvrir un plan d'épargne retraite (PER) dépend donc surtout de vos objectifs et du temps restant avant le départ. La Macif propose un PER adaptable à différents profils d'épargnants grâce à plusieurs modes de gestion, selon l'horizon de placement et le niveau de risque accepté.

Pourquoi commencer à épargner tôt pour sa retraite ?

Le facteur temps joue un rôle déterminant, pour une raison arithmétique simple : il transforme un effort modeste en résultat significatif.

Commencer tôt permet de répartir l'effort financier sur une longue période, sans avoir à consentir des versements importants sur les dernières années avant la retraite.

Un versement modeste réalisé pendant plusieurs décennies peut produire un résultat comparable à des versements plus tardifs et nettement plus élevés. Cette progressivité s'avère souvent plus confortable pour le budget que le rattrapage tardif.

Un horizon long autorise également des supports d'investissement plus dynamiques, dont la performance potentielle s'apprécie sur la durée. Cette stratégie comporte une part de risque et une possibilité de perte en capital, à ajuster selon votre profil et votre tolérance aux fluctuations de marché.

Une nuance mérite d'être posée, rarement mentionnée dans les contenus promotionnels : les sommes versées sur un PER sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Pour un jeune actif qui n'a pas encore constitué son épargne de précaution ni acheté sa résidence principale, ouvrir tôt ne signifie pas y placer l'essentiel de sa capacité d'épargne.

Peut-on ouvrir un PER en milieu ou en fin de carrière ?

Aucune date limite n'empêche l'ouverture, et l'intérêt reste réel, à condition d'en connaître les bornes.

En milieu de carrière, l'ouverture permet de bénéficier pleinement des avantages fiscaux associés aux versements volontaires sur les années restantes.

C'est souvent la période où les revenus atteignent leur niveau le plus élevé, donc celle où la déduction produit le plus d'effet.

En fin de carrière, l'opération conserve un sens fiscal sur les dernières années d'activité, mais deux paramètres changent. L'horizon plus court oriente vers des supports plus prudents, privilégiant la sécurisation du capital constitué plutôt que la recherche de performance. Et surtout, la déductibilité s'éteint à 70 ans.

Pour un épargnant proche de ce seuil, le calendrier des versements devient une décision à part entière.

Quel montant verser selon son âge et ses objectifs ?

Il n'existe pas de montant universel, mais il existe un plafond, et c'est lui qui borne l'optimisation fiscale.

Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) s'établit à 48 060 € en 2026, contre 47 100€ en 2025. Il sert de base au calcul de vos droits : Meilleurtaux.

  • Salariés, fonctionnaires et retraités : la déduction est comprise entre 4 710€ et 37 680€ selon les revenus, et limitée à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente.
  • Travailleurs non salariés : le plafond s'échelonne de 4 806 € à 88 911 € par an, soit plus du double du plafond salarié. Les dirigeants disposent en outre d'un choix : déduire les versements du revenu professionnel ou du revenu global.

Deux mécanismes assouplissent ce cadre. Les plafonds non utilisés sont reportables pendant cinq ans, contre trois avant le 1er janvier 2026.

Et les couples mariés ou pacsés peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds. Le montant exact dont vous disposez figure sur votre avis d'impôt, rubrique « plafond épargne retraite ».

Au-delà du plafond, le montant pertinent reste fonction de vos revenus, de vos charges et de vos autres projets d'épargne. Un jeune actif privilégiera des versements réguliers et modestes ; un profil plus âgé aux revenus élevés pourra verser ponctuellement des sommes plus importantes.

Un point régulier permet d'ajuster la stratégie au fil des évolutions de carrière.

Dans quelles situations ouvrir un PER est-il pertinent ?

Le bon déclencheur est rarement calendaire. Ce sont des événements de vie qui rendent l'ouverture opportune :

  • Une année de revenus exceptionnellement élevés. C'est le cas d'école : plus votre tranche marginale d'imposition est haute, plus la déduction produit d'effet.
  • Le passage au statut d'indépendant. Le plafond TNS ouvre une capacité de déduction sans équivalent pour un salarié à revenus comparables.
  • La réception d'une somme ponctuelle — prime, cession, héritage — qui n'a pas d'affectation immédiate.
  • Une année de forte imposition ponctuelle, liée par exemple à une plus-value ou à un changement de situation familiale.

À l'inverse, l'intérêt s'amenuise nettement si vous êtes non imposable ou dans une tranche basse : la déduction à l'entrée n'a alors presque rien à compenser, et le blocage des fonds devient un coût sans contrepartie.

Que vérifier avant d'ouvrir son plan d'épargne retraite ?

Quel que soit le moment choisi, quatre points méritent un examen ligne à ligne avant de signer :

  • Les frais. Frais sur versement, frais de gestion annuels sur les unités de compte et sur le fonds en euros, frais d'arbitrage, frais de transfert. Sur trente ans, un écart de quelques dixièmes de point de frais de gestion pèse davantage que le rendement d'une bonne année.
  • Le mode de gestion. La gestion pilotée à horizon s'applique généralement par défaut : l'allocation se sécurise automatiquement à l'approche de la retraite. Vérifiez la grille de désensibilisation retenue et la possibilité de repasser en gestion libre.
  • Les conditions de sortie. Capital, rente viagère, ou combinaison des deux. Le choix a des conséquences fiscales durables et n'est pas toujours réversible.
  • Les cas de déblocage anticipé. Aux cas historiques — dont l'achat de la résidence principale — s'ajoute depuis 2026 un nouveau motif : l'affection grave, le handicap ou l'accident grave d'un enfant à charge (loi n° 2026-492).

Comparer plusieurs contrats reste la façon la plus fiable de choisir une solution cohérente avec votre âge, vos objectifs et votre horizon de départ.

FAQ

  • Peut-on encore ouvrir un PER pour son enfant ?

    Non. Depuis le 1er janvier 2024, seules les personnes majeures peuvent adhérer et verser sur un PER. Le Plan d'Épargne Avenir Climat (PEAC) s'adresse désormais aux mineurs et jeunes majeurs jusqu'à 21 ans, avec des gains exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux sous conditions de détention.

  • Y a-t-il un âge limite pour ouvrir un PER ?

    Aucun âge maximum n'empêche l'ouverture, mais les versements réalisés après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable depuis le 1er janvier 2026. L'avantage fiscal à l'entrée disparaît donc, tandis que la fiscalité à la sortie s'allège sur ces sommes.

  • Combien peut-on déduire de ses impôts en 2026 ?

    Entre 4 710€ et 37 680€ pour un salarié, et entre 4 806€ et 88 911€ pour un travailleur non salarié. Le montant qui vous concerne figure sur votre avis d'imposition.

  • Que se passe-t-il si je ne verse rien une année ?

    Le plafond non consommé n'est pas perdu. Il se reporte automatiquement sur les cinq années suivantes depuis 2026, contre trois auparavant.

  • Vaut-il mieux ouvrir un PER ou une assurance vie ?

    Les deux répondent à des besoins distincts. Le PER offre un avantage fiscal à l'entrée en contrepartie d'un blocage des fonds jusqu'à la retraite ; l'assurance vie reste disponible à tout moment, sans déduction des versements. Le choix dépend de votre tranche d'imposition et de votre besoin de liquidité.

  • Est-il trop tard pour ouvrir un PER à 55 ans ?

    Non, mais la logique change. L'horizon court oriente vers des supports prudents et fait de l'optimisation fiscale des dernières années à hauts revenus le motif principal, plutôt que la capitalisation de long terme.

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